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La Commedia des ratés
d’après le roman de Tonino Benacquista
C’est parce que la vie elle-même est si diverse et si compliquée qu’il y a autant de formes de pâtes. Chacune d’elles renvoie à un concept. Manger un plat de spaghettis, c’est comme imaginer le désarroi d’un être plongé dans un labyrinthe, dans une entropie inextricable de sens, dans un sac de noeuds. Il lui faudra de la patience et un peu de dextérité pour en venir à bout. Regardez comment est fait un plat de lasagnes, vous n’y verrez que la couche apparente, le gratin qu’on veut bien vous montrer. Mais notre individu veut voir les strates inférieures, parce qu’il est sûr qu’on lui cache des choses profondément enfouies. Pour s’apercevoir qu’il n’y a rien de plus qu’en surface. Mais d’abord, il va chercher, se perdre et traverser un long tunnel obscur sans savoir s’il y a quelque chose au bout. Il n’y a rien là de plus creux, de plus vide, et de plus mystérieux qu’un simple macaroni. En revanche, le ravioli, lui, renferme quelque chose, on ne sait jamais vraiment quoi, c’est une énigme dans un coffre qu’on n’ouvre jamais, une boîte qui va intriguer notre sujet par les secrets qu’elle recèle. Et le tortellini, ça peut rappeler quoi ? L’anneau, la bague ? Pourquoi pas le cercle, tout simplement. L’histoire sans fin. La boucle. Partir. Pour retourner forcément là d’où on vient.
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